Jette ton pain à la surface de l’eau car avec le temps tu le retrouveras. (Ecclésiaste 11.1)
Jette l’or dans la poussière, l’or d’Ophir parmi les cailloux des torrents ; le Puissant sera ton or, il sera
pour toi des monceaux d’argent. (Job 22.24)
Le Seigneur lui dit : Qu’y a-t-il dans ta main ? – Il répondit : un bâton. Il dit : Jette-le par terre. (Exode
4.2)
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N’avez-vous jamais fait quelque chose stupide ? Quelque chose qui n’a ni queue ni tête, et qui paraît
insensée aux yeux des autres et parfois, après réflexion, à vos propres yeux aussi. Mais…. Tout
change quand les choses « stupides » que nous faisons sont guidées par Dieu. Elles peuvent
toujours apparaître stupides aux yeux des autres. Qu’importe ! celui qui a écouté la voix de son Dieu
sait que l’action a bien plus de sens qu’elle n’en a l’air…

Les trois versets ci-dessus nous parlent d’une action. Celle de jeter. Mais cette action est loin d’être
toujours conseillée. Qui se vante à l’heure actuelle de jeter ? Dans nos expressions françaises, jeter
n’a pas vraiment un sens positif. D’ailleurs, ne dit-on pas que le sot jette et que le sage ramasse ?
Quand on n’est point économe, qu’on jette l’argent par les fenêtres. Et que dire quand on renonce ?
On jette le manche après la cognée. C’est désuet… mais c’est vrai! Pourquoi notre Dieu d’action nous
appelle-t-il parfois à jeter les choses ? Quel sens spirituel cela prend-t-il ?
D’autant plus que quand on jette, ce sont bien souvent des choses que l’on ne veut plus, qui ne nous
servent pas et dont on n’a plus besoin. En un mot : encombrantes. On fait le ménage ! Or ces trois
versets nous parlent de jeter des choses qui ont de l’importance. D’où à la première lecture, un
sentiment d’incompréhension devant un geste insensé. Jeter son pain à la surface de l’eau… Quelle
drôle d’idée ! Le pain, c’est la nourriture, ce que je mange, et ce qui m’est essentiel pour vivre. Jeter
son or par terre… Que c’est illogique ! L’or, c’est la sécurité, ce que j’ai réussi à mettre de côté,
précieux par-dessus-tout pour mes affaires, recherché par tous, vecteur de notoriété et d’assurance.
Et que dire de jeter son bâton par terre ? Quel signe de désaveu terrible pour un leader ! C’est
renoncer à ses propres capacités, à ses dons, faire aveu d’abandon.
Il y a des situations dans la vie pourtant où Dieu nous conduit sur une certaine voie de la “folie”. A
faire des choses qui aux yeux des autres paraissent insensées. Ce que nous chrétiens nommons
aussi la foi. Ce fameux pas de foi où pour avancer, Dieu nous appelle à « jeter » ce qu’on a de plus
précieux. Parfois, Il ne nous en fait pas connaître la raison, comme quand Il dit à Moïse de jeter à
terre son bâton de leader. Pourquoi ? Moïse n’en sait rien encore. Parfois, Il donne une raison, mais
objectivement elle n’est pas toujours recevable. Comment croire qu’un morceau de pain imbibé d’eau
puisse dans le futur me revenir ? Et puis, il y a cette raison principale qui fait la folie de la foi, c’est
que Dieu vaut plus que l’argent et que l’or. Lui abandonner toute chose, c’est aussi admettre que
nous n’avons pas réponse à tout mais que nos forces, nos finances, notre avenir dépendent de lui.
Et pourquoi ne pas admettre aussi que les lois du Royaume de Dieu sont différentes de celles sur
terre et qu’il y a parfois plus de bénédictions à jeter qu’à amasser ? Dans certains enseignements, le
pasteur Andy Stanley met de côté le terme “sacrifice” pour lui préférer celui d’”investissement”.
Chaque chose que l’on jette par obéissance à Dieu n’est pas uniquement un sacrifice même s’il nous
en coûte. Aussi insensé que le geste soit, si Dieu nous conduit à le faire, c’est aussi un
investissement pour l’avenir.
Si on revient au verset de l’Ecclésiaste, “Jeter son pain à la surface de l’eau” signifie dans le contexte,
jeter son blé à la surface de l’eau… Cela n’a donc pas forcément le sens qu’on y voit au premier
abord. Ici, c’est aussi un synonyme de semer. Après la sécheresse, viennent les pluies abondantes
et les périodes de crues des grands fleuves. Le sédiment déposé par l’eau sur la terre la rend
davantage fertile. Y jeter son blé, c’est semer pour l’avenir et la saison prochaine. C’est contrairement
à ce qu’il y paraît à la première lecture, investir et agir.
Dans le même livre, Salomon nous dit qu’il y a un temps pour chaque chose. Un temps pour garder et
un temps pour jeter. Peut-être que la saison pour toi est celle de jeter et renoncer à quelque chose de
précieux par obéissance à Dieu, un geste insensé aux yeux des autres. La garantie est que ce pas de
foi te conduit dans la sécurité de Sa dépendance et que le sacrifice pourrait bien à la prochaine
saison se transformer… en investissement.
Quel pas de foi Dieu m’appelle-t-il à faire aujourd’hui ? Est-ce celui de jeter quelque chose,
spirituellement ou matériellement, même si je ne sais pas pourquoi ? Si c’est le cas, soyons
encouragé(e)s ensemble. Jeter, c’est aussi semer… Dieu en connaît les raisons.

Isabelle