Je sais que pour certains croyants « le succès c’est sale ». Pour d’autres encore il est le signe de l’approbation divine. Certains l’adulent et d’autres en ont peur voire l’exècrent. Les tensions et autres frustrations qu’il provoque sont le signe du besoin criant d’une théologie pratique et pragmatique sur ce point. En effet, amis entrepreneurs, j’ai appris que les choses n’étaient pas toujours aussi simples.

– Pourquoi ai-je peur du succès ? Cette peur peut s’expliquer par diverses raisons chez nous.

1) une méconnaissance de qui Dieu est. Je nous pose la question : quel genre de Père Dieu serait-Il si nos échecs étaient la source de Sa joie ? Un Père aimant ? Certainement pas !

2) une méconnaissance de la manière dont Dieu agit. Nous avons pour habitude de dire « Demande et Dieu te donnera ». Ça en devient un mantra, une clé voire une baguette magique. Et même si Dieu est souverain, maître de toutes choses, Il n’agit pas pour autant de la sorte tout le temps. Dieu est celui qui a créé la cause et l’effet, si bien que les bons résultats viennent généralement des bonnes actions. Vous avez le droit de vous attendre à recevoir un salaire lorsque vous travaillez parce que « le travailleur mérite son salaire » (Luc 10: 7). De la même manière, vous avez le droit d’attendre des résultats lorsque vous utilisez avec diligence et intelligence le talent qu’il vous a donné.

3) une méconnaissance de ce que Dieu veut faire de nos talents.

Le succès me fait peur car il risque de mettre en avant les talents que j’ai. Or j’aime être dans l’ombre.

Il n’y a aucune humilité à cacher le talent que Dieu a mis en nous. Jésus l’a dit et répété par diverses paraboles. Paul dira par la grâce de Dieu, je suis ce que je suis!!  Paul affirmait qui il était. Il ne s’en vantait point mais ne s’en cachait pas non plus. Affirmez qui vous êtes ! Si tu as reçu un don de Dieu, s’Il a mis un rêve dans ton cœur (#OlivierCheuwa), crois bien qu’Il désire plus que tout le monde voir la réalisation de ce rêve, l’épanouissement de ce don. Il désire voir cette réussite.  Et Il n’est pas le seul, en effet la Bible nous dit que la création attend avec un ardent désir la révélation des enfants de Dieu.

Souvent nous avons cette impression que s’asseoir sur nos propres rêves ou désirs de réussite correspond à la mise en pratique du verset  » Qu’il croisse en moi et que moi je diminue »… Que nenni. C’est plutôt le contraire ! S’asseoir sur les rêves et talents que Dieu nous a donnés est la meilleure façon de ne pas laisser Dieu croître en nous. C’est un peu comme si je lui disais : Merci Seigneur pour ce que tu as mis en moi mais ce ne sera pas possible pour cette fois.  En faisant cela, nous agissons comme Pierre qui disait à Jésus : N’en déplaise à Dieu, les choses ne se passeront pas selon ta volonté!

Alors dois-je désirer le succès ? Avant de répondre à cette question, encore faut-il avoir défini ce qu’est le succès ? Comment se mesure-t-il ?

En tant qu’entrepreneur, j’ai toujours pensé que le succès se mesurait au nombre de mes employés, aux bénéfices de mon entreprise etc… Toutes ces choses peuvent être une conséquence du succès mais pour le chrétien que je suis, la réussite ne saurait être résumée à cela. Ces choses prouvent au mieux que cette entreprise marche bien mais elles ne sont pas la preuve du succès de l’entrepreneur.

D’après Fred Smith « la mesure du succès est simplement le rapport entre le nombre de talents utilisés et le nombre de talents reçus. Ce que vous faîtes avec ce que vous avez, ainsi que ce vous êtes en train de devenir. La personne qui fait le plus avec ce qu’elle a, est celle qui réussit vraiment. Pas celle qui devient le plus riche ou le plus célèbre mais celle qui a le ratio de talents utilisés/talents reçus le plus élevé ».

J’aime beaucoup cette définition du succès. Elle donne une nouvelle perspective aux choses.

Peu importe votre ministère, votre entreprise, votre activité,  si vous êtes un chrétien mûr qui utilise un pourcentage élevé de ses talents, vous êtes dans la réussite et le succès.

Par contre une personne qui n’a pas réussi est une personne qui n’a pas utilisé toutes ses chances. Elle aurait pu se développer, impacter sa cité et la vie des autres, devenir un chrétien mature mais elle ne l’a pas fait.        

Vous noterez que dans cette définition de la réussite, je n’ai pas parlé de richesse ou autre. Le succès biblique n’est pas la richesse que certains se plaisent à prêcher. La Bible nous dit que Dieu donne des opportunités et la capacité d’être fort et fidèle.  Ton Dieu t’ordonne d’être fort ! (Ps 68 :28). Le succès personnel (réussite financière notamment) est possible mais pas divinement garanti. La seule chose sur laquelle Dieu s’est engagé c’est de mener à maturité nos dons ou talents, pas de nous rendre plus riche ou plus célèbre.

Chez Impulsion, nous croyons que chaque entrepreneur a une mission beaucoup plus grande que tous les bilans comptables, comptes de résultats et autre arriérés de cotisation RSI.

Nos entreprises, nos projets, nos êtres tout entiers,  doivent être alignés avec cette mission au service de notre vision.

Quand Dieu nous dit : sans vision le peuple périt, cela signifie qu’on ne peut pas vivre sans espoir. On doit avoir l’espérance de voir la vision se réaliser. Donc on doit désirer cette réussite.

Paul dira « Je cours après le but » ailleurs il dira « Courez de manière à remporter le prix » ou encore « Moi si je cours ce n’est pas sans fixer le but ». En nous disant ces paroles, Paul exprime son désir de succès.

Nous pourrions faire le parallèle avec Jésus qui a rendu son dernier souffle uniquement lorsque que « Tout a été accompli ». Il y a encore cette idée de mener à son terme, au succès la mission qui lui était confiée.

Alors dois-je désirer le succès ? Oui. Mais le succès tel que Dieu le voit. La soif d’un autre succès peut mener à la déception et à la frustration car il n’est jamais garanti. Mais le succès centré sur ce que Dieu veut faire en moi, celui-là est assuré pour qui le désire ardemment. Encore faut-il pour cela avoir pris conscience de mes dons et talents  mais surtout être au clair quant à ma mission.

Alors c’est décidé en 2019, j’affirme qui je suis et ce que Dieu veut faire en moi.