S’il y a un sujet, dans notre société française, avec lequel nous sommes mal à l’aise, c’est bien celui de l’argent ! L’église n’y fait pas exception ! Dans notre société économiquement globalisée, il n’est pas rare d’entendre certains dirigeants dire : «Il faut faire de l’argent ! » Ce raisonnement est bien ancré en nous. Lorsque je pose la question, à un entrepreneur chrétien : quel est l’objectif premier de ton entreprise ? Cela se traduit souvent par des objectifs de rentabilité. Bref, faire de l’argent. Puis, il s’arrêtera et se justifiera en disant : « si les acteurs économiques chrétiens faisaient beaucoup d’argent ils pourraient mieux bénir le corps de Christ.» Ce genre de raisonnement est quelque peu caricatural, il traduit cependant l’ambivalence qu’il peut y avoir dans nos cœurs face à l’argent. Les propos de Jésus en Matthieu 6 : « Nul ne peut servir deux maîtres », agit comme un signal d’alarme dans nos coeurs.

Pendant des décennies l’église a voué comme un culte à la pauvreté, rendant mal à l’aise tous les acteurs économiques en son sein. Jésus veut attirer notre attention non pas sur le fait que l’argent soit bon ou mauvais mais qu’il ne devienne pas notre maître. L’attitude de Jésus face aux marchands du temple en est une bonne illustration.

Pourtant ces hommes répondaient à un besoin important : fournir des animaux sains pour les offrandes. Ce qui était appréciable pour tous ceux qui venaient de très loin ! Jusqu’ici, rien de bien répréhensible, au contraire, ils étaient une source de bénédiction. L’amour de l’argent se fit sentir quand ils réalisèrent que leurs « clients » n’avaient pas trop le choix. Ils augmentèrent, alors, les prix de manière inconsidérée, créant ainsi une injustice que Jésus dénonça.

L’amour de l’argent nous rend injuste. Il utilise nos craintes et bien d’autres choses pour que nous soyons toujours insatisfaits. A la question : quand avons nous assez d’argent ? Rockefeller répondait : « en n’en ayant un peu plus. » Les derniers versets de Matthieu 6, nous invite à « chercher son Royaume et sa justice ». Nous commencerons à créer de la justice lorsque l’argent sera à notre service, en faisant preuve de générosité ou en sachant dire NON aux abus de toutes sortes. Vous connaissez le : « fais-moi un prix mon frère !… » .

Le mot économie signifie en grec : bien gérer sa maison. Notre Seigneur a besoin de chef d’entreprise qui ont une bonne gestion, c’est à dire qu’ils reconnaissent premièrement en Lui « la source de leurs besoins ». Le livre des Actes des apôtres nous dit que les premiers chrétiens mirent tout en commun et qu’ils n’y avaient pas d’indigent au milieu d’eux. La bonne gestion les a poussé à tout mettre en commun, mais l’objectif était surtout de combattre les inégalités : un acte de générosité avec pour objectif : la justice !

La justice voici l’objectif ! Si nous la cherchons constamment, l’amour de l’argent qui produit l’injustice au travers de nos craintes fuira loin de nous.