Le réseau de La Roue en région Sud-PACA, l’Eusko au Pays-Basque, le SouRiant très prochainement dans l’Aude…        On compte une cinquantaine de monnaies locales complémentaires en France. Une trentaine serait en préparation.              Les réseaux de monnaies locales connaissent un boom depuis 2010, sont encadrés par la loi depuis 2014, font partie du film « Demain » de Cyril Dion et Mélanie Laurent en 2015, ce qui a valu de les démocratiser dans l’hexagone. Marqueur de cette tendance, l’année dernière, la capitale voyait l’arrivée de sa monnaie, La Pêche.

Quelles caractéristiques d’une monnaie locale ?

Une monnaie locale est une monnaie complémentaire à la monnaie nationale. Elle n’est pas soutenue par le gouvernement mais est créée par une association ou une coopérative qui en assure la gestion avec l’aide d’un établissement financier. Aucune spéculation ne peut être faite sur cette monnaie, puisqu’elle est adossée en France au cours de l’Euro. Ainsi vingt euskos auront la même valeur que vingt euros…. A une différence près toutefois. Cette monnaie n’a pas pour objectif d’être épargnée ou gardée bien au chaud sous le matelas. Elle doit circuler et pourrait perdre de la valeur si conservée trop longtemps. La zone de circulation de la monnaie est spécifique, à l’échelle d’une ville, d’un territoire ou d’une région.

Depuis 2014, les monnaies locales sont encadrées par une loi, la loi du 31 juillet 2014, relative à l’économie sociale et solidaire. L’association qui gère la monnaie doit réaliser une charte et expliquer à quoi elle sera utile. Il faut adhérer à l’association pour pouvoir l’utiliser. 

Pour quoi faire ?

Une monnaie locale complémentaire n’est pas un nouveau système et existe historiquement depuis longtemps, mais avec la crise de 2008, un nouvel essor voit le jour en France et en Europe. Loin d’être anodin. Car à l’heure où on peut douter des banques et des échanges globalisés, les monnaies locales et citoyennes viennent mettre davantage de « valeur » et de sens à ce que sont la commercialisation, l’argent et l’échange. Elles ont aussi et surtout l’ambition de redynamiser un territoire en misant sur le circuit court. Local, social et solidaire. Des mots à la mode mais donc aussi à portée de toutes les bourses ! Concrètement, la monnaie locale s’appuie sur un réseau d’entrepreneurs et commerçants participants (pas toutes les marchandises ne sont concernées). Le client achète ses légumes chez l’épicier, qui va utiliser la monnaie locale pour ses propres besoins en allant chez le boulanger, quel boulanger va lui payer son fournisseur avec la monnaie, etc. Simple, circulaire et créatrice de valeurs sur un territoire donné puisqu’on (particulier et entreprise) est invité à faire ses courses chez des personnes adhérentes en faisant bénéficier le commerce de proximité.

Et quand on est entrepreneur ? 

Le système de monnaie locale et citoyenne est porteur de valeurs tels que la solidarité, la proximité, la citoyenneté et la coresponsabilité. Y adhérer permet à un commerçant aussi de s’inscrire sur son territoire et participer à sa dynamique. Certaines associations qui mettent en place ce système alternatif le font avec des contreparties pour les commerçants adhérents : tel qu’un label qui donne davantage de sens à l’activité, une mise en valeur sur les dossiers de communication, des avantages auprès de banques éthiques et solidaires etc. 

La monnaie locale permet aussi une nouvelle trésorerie pour l’entrepreneur. 

Quelques pistes :

Le réseau des monnaies locales a aussi ses limites et ses détracteurs, notamment sur le fait qu’elles ne lutteraient pas contre les dérives de la finance, puisque le montant en euros équivalant aux monnaies locales circulantes est stocké sur des comptes bancaires. 

D’autres ne voient pas l’avantage de participer à ce réseau puisque cela ne fait que dédoubler une monnaie, à valeur équivalente à la monnaie nationale. Ce qui rend encore modeste l’utilisation de ce circuit alternatif.

Toutefois les entrepreneurs qui le désirent peuvent se rapprocher d’associations locales qui gèrent les projets de monnaie citoyenne ou sont en train de les créer via le site des réseaux de monnaies locales et citoyennes : https://monnaie-locale-complementaire-citoyenne.net/

Enfin, l’idée de monnaie locale peut être extrapolée. Et si nous considérions que le circuit court de la circulation de la monnaie était…. votre entreprise ? Pourquoi ne pas créer sa propre monnaie d’échange au sein de son projet avec une « banque » dans laquelle les clients pourraient capitaliser ? On peut appeler ça, des points fidélité, des bonus, etc. Tout un capital confiance sur son propre territoire à façonner !