La bienveillance inflexible 

Dans le management, il est de bon ton depuis quelques années de parler de bienveillance et de confiance. Certaines entreprises ont même créé des fonctions d’ Happiness Chief Officer afin de favoriser le bonheur au travail.

Bonheur, Bienveillance, Confiance.. Que des valeurs et des aspirations chrétiennes me direz-vous.

En effet, la Bible nous appelle à rechercher le bonheur des autres, elle nous enseigne aussi à être bienveillants et nous dit que le véritable amour croit tout.

Toutefois j’ai un souci avec tout le positivisme à gogo en vigueur dans certaines entreprises.

Je suis assez gêné quand lesdites bienveillance et confiance ne sont que le cache misère d’un certain manque de courage managérial ambiant. Plutôt que de dire ce qui marche moins bien, certains managers vont adopter la politique de l’autruche.

La bienveillance et la confiance envers ses collaborateurs n’ont de sens que si nous sommes dans une relation empreinte de vérité.

La Vérité vous affranchira.

Dans mon rapport avec mes collaborateurs, après fait moult erreurs et m’être pris quelques portes en pleine figure, j’ai décidé d’essayer de manager comme Jésus le ferait.

Jésus a toujours montré de la bienveillance envers l’équipe qu’il avait en charge.

Mais cette bienveillance n’empêchait pas la vérité. Bien au contraire. Chaque fois qu’il a fallu recadrer Jésus l’a fait.  Chaque fois qu’il a fallu redresser, Il l’a fait sans sourciller. Sans condamner pour autant, il a repris le pécheur et lui a indiqué la meilleure voie à suivre.

Il s’est montré à nous tel un Roi Serviteur. C’est-à-dire qu’Il s’est mis à la place de chacun de Ses disciples pour mieux les comprendre et ainsi mieux les accompagner ( Heb 4 :14).

Au quotidien, j’ai donc instauré dans mon rapport à mon équipe ce que j’appelle une « bienveillance inflexible ».

Bienveillance tout d’abord, car en tant que chrétien,  la Bible m’invite à me revêtir d’humilité dans mon rapport à l’autre ( 1 Pierre 5 :5), à honorer tout le monde ( 1 Pierre 2 :17) et de traiter mes collaborateurs comme j’aimerai être traité ( Matthieu 7 :12).

Bienveillance, car cette vertu fait partie du caractère de Christ. Caractère que Dieu veut former en moi tant pour ma vie privée que ma vie professionnelle.

Et puis finalement, si le monde  de l’entreprise peut parfois ressembler à une terre de loups, la quête de la performance ne doit pas nous éloigner de  qui Dieu nous appelle à être : une lumière dans la cité.

Mais comme je vous ai indiqué plus haut, cette bienveillance est inflexible.

Inflexible car j’essaie de faire en sorte qu’elle ne bouge pas, en dépit des agissements de mes collaborateurs. J’essaie de rester constant dans ma bienveillance.

Inflexible car elle ne se compromet pas. Elle ne transige pas avec la vérité. Au contraire elle croit que le bien-être du collaborateur est intimement lié au rapport à la vérité de son manager.  Souvent, par peur de fâcher un collaborateur, nous préférons ne rien dire lorsqu’un comportement ou une action nous déplaisent. La Bible, elle nous enseigne, à parler en vérité à notre voisin.

La véritable bienveillance, c’est celle qui dit la vérité à son prochain pour mieux l’aider à grandir. 

Inflexible car elle fait passer la montée en compétence du collaborateur avant la bonne ambiance.

Toutefois je dois avouer, que la nature humaine étant ce qu’elle est, il m’est souvent difficile de me tenir à cette ligne dans mon quotidien. Je suis, en effet, tenté de prendre des raccourcis dans mon rapport à l’autre. Mais aidé par le Saint Esprit, je m’attèle à essayer de vivre le caractère de Christ dans ma relation avec mon équipe.

Et vous la bienveillance en entreprise vous en pensez quoi ?