Quand je repense à mes projets, jusqu’à mon dernier en date, celui de déménager à l’autre bout du monde il y a un an et demi, fraîchement mariée, pour répondre à l’appel de Dieu, ils ont tous eu un point commun : créer quelque chose, voire l’inventer et sortir de ce que l’on maîtrise. Pour être honnête, il semblerait qu’obéir à Son Appel, pousse à créer, innover, tester, acquérir de nouvelles compétences, élargir son champ des possibles et se retrouver hors de sa zone de confort ! Non… tout ne tombe pas du ciel et n’arrive pas de façon instantanée ! 

Pour autant, quelle joie d’apprendre de nouvelles choses et d’évoluer. Je crois qu’en tant que chrétien la stagnation n’est pas possible : soit tu progresses, soit tu régresses. L’apprentissage, l’expérimentation est le meilleur moyen pour progresser.

Dès lors que nous voyons un besoin, nous commençons à nous mettre en oeuvre, nous prenons conscience de nos limites et des sujets que nous ne maîtrisons pas. Et nous avons alors la possibilité de renoncer car la tâche est trop grande ou d’aller de l’avant avec la force que nous avons et se diversifier, se réinventer parfois car Dieu lui-même nous a envoyé. C’est bien cela d’ailleurs qui me rend crédible et constant : le Seigneur lui-même me veut ici et maintenant.

Je me souviens du premier projet que j’ai monté pour la grand public, alors que j’étais adolescente. Il s’agissait de produire et animer une émission de radio pour les jeunes. Convaincue de la nécessité d’apporter de la fraîcheur et un espoir à ma génération, je constituais une équipe. Âgés de 16 à 18 ans, le trio que nous formions, fit d’abord une émission “test” auprès de la radio locale qui nous ouvrait ses portes. Je me souviendrais toujours de leur 1er feed-back vrai et tellement instructif : ce n’est pas bon mais vous êtes motivés. Qu’à cela ne tienne, notre motivation allait nous pousser à nous dépasser et à acquérir l’assurance et les compétences qui nous manquaient ! 20 ans plus tard aujourd’hui, je suis toujours passionnée d’animation radio et dans les années qui ont suivi ces premiers pas, j’ai utilisé ce média maintes fois pour mettre en valeur bon nombre de projets social, économique, religieux ou culturel. J’ai gardé de bonnes relations avec la direction et cette radio m’a toujours ouvert ses portes au fil des années ! 

Un besoin réel. Un projet. Une création. La motivation. Des compétences à élargir. Un impact produit. 

Si je ne m’étais pas lancée dans cette aventure folle d’ado et pourtant profondément inspirée, jamais je n’aurais découvert ma passion pour les médias. Et le plus fou dans l’histoire, c’est que cette même expérience, entre autres, me permit des années plus tard, en études supérieures, d’intégrer une école de journalisme et de communication. A l’époque je ne savais même pas quelles études j’allais faire ! Proverbes 18.16 dit : Le don d’un homme lui fait faire place (ou lui ouvre la voie selon les versions) et l’introduit devant les grands. Nos dons en action et les compétences que nous développons, nous introduisent dans des voies nouvelles.

Quelle conclusion tirer de ces anecdotes ? Tout simplement que le principe n’a pas changé. Il est évident que l’idée qui germe en vous en ce moment, amène de nouveaux champs d’horizon pour vous et qu’il va falloir travailler. Il est aussi évident qu’une crise comme celle que nous traversons pousse à se réinventer, à s’ajuster, innover. Alors comment faire ? Les dons sont l’activateur de notre avenir, à condition de les utiliser puis de les travailler. Et si donc c’était cela innover ? Utiliser ses talents dans un contexte donné et les optimiser. Je peux avoir toutes les idées du monde, de belles ambitions et les compétences les plus pointues. Cependant, si je n’agis pas en les mettant au service des gens, que je ne les affine pas en fonction des besoins rencontrés et de la culture où je m’inscris, alors ma capacité d’adaptation et d’innovation est de 0 car le risque est à 0. Cette crise nous coûte, c’est vrai. Mais ce qui coûtera le plus cher c’est de ne pas mettre vos idées en action, d’être frustré, d’avoir des regrets, de ne pas oser passer le pas. Je finirai par une citation de Soeur Emmanuelle que j’aime beaucoup : « La vie est un risque. Si tu n’as pas risqué, tu n’as pas vécu. C’est ce qui donne un goût de champagne. »

Audrey