« Favoriser d’autres façons de commercer » : Trois questions à Jérémie, commercial pour une grande entreprise française en région Paca (zone de circulation très active du virus depuis le mois d’août)

 

Comment le télétravail a changé ta façon de travailler ?

Avant le confinement, je télétravaillais déjà de chez moi à raison d’un jour et demi par semaine. Cela a été une obligation pendant le confinement. A présent, c’est une démarche fortement conseillée par mon entreprise et certains de mes clients, souvent ce sont les plus grosses entreprises qui privilégient les réunions à distance. Aujourd’hui, le rythme de télétravail est plutôt de trois jours par semaine. Forcément, ça change la façon de travailler : nous sommes amenés à maximiser les rendez-vous et les réunions professionnels via des applications comme Microsoft Teams (Zoom et Skype sont prohibés par mon entreprise car non sécurisés). Nous avons moins de réunions physiques, plus d’appels téléphoniques, plus de vidéos avec les clients. On va moins leur rendre visite et nous faisons plus de vente à distance pour respecter les gestes barrières. Je continue à aller en voir certains, tout dépend de mes clients et de ceux qui étaient prêts à mettre en place des réunions par internet ou non.

Du côté de ma vie personnelle, ça n’impacte pas plus qu’avant. J’ai un travail qui me demande parfois de téléphoner le soir ou en cas d’urgence. Mais quand j’ai des impératifs familiaux comme aller chercher les enfants à l’école, je ne réponds pas aux sollicitations.

 

Quelle est l’attitude de ta hiérarchie ?

Au niveau de mes collègues, on se voit un peu quand je vais à l’agence, mais nous ne sommes jamais tous ensemble. C’est gênant d’ailleurs de ne plus aller manger avec mes collègues de travail ou mes clients. Mon N+1 me fait confiance, l’employeur a plus de méfiance. Après du fait de mon métier de commercial, j’ai le droit de travailler de chez moi, c’est pour d’autres emplois où cela peut poser problème pour l’employeur qui ne peut plus « surveiller » tous ses employés.  Moi qui suis plutôt un nomade, on me fait confiance. Dans les mois et dans les années à venir, il va y avoir beaucoup changements dans ce domaine, on nous forme d’ailleurs à plus de réunions par internet, aux applications vidéos, à favoriser d’autres façons de commercer… 

Ton métier est un métier de contact et de lien. Ne crains-tu pas de perdre du chiffre d’affaires du fait du télétravail ?

C’ est difficile à mesurer cette année et les pertes sont plus en lien avec le confinement et la Covid-19 que le télétravail. Faire du lien et du contact, c’est davantage pour attirer des affaires. Aujourd’hui de mon côté, je connais bien mes clients, je suis sur zone depuis longtemps. Je n’ai pas perdu de commandes à cause du télétravail.