C’est de solidarité et de don que je viens vous parler en ce début de mois de novembre alors que nos économies publiques et personnelles sont mises à mal et que ces deux mots en prennent un coup. Pourtant… Il paraît que les Français n’ont jamais autant épargné…. Plus que jamais les initiatives des entrepreneurs qui nous entourent méritent d’être soutenues et cela peut passer par un « crowdfunding ». 

J’imagine que nous sommes à présent tous familiers de ce terme ou de celui de financement participatif par l’utilisation de sites comme Ulule ou KissKissBankBank. Dans la vie perso, on utilise ce principe pour des « cagnottes » d’anniversaire ou de mariage par exemple mais il est plus largement répandu dans le milieu artistique, associatif et économique pour lancer et soutenir des projets et des initiatives.  J’avais envie, plus particulièrement de revenir aux origines du crowdfunding qui est somme toutes, hyper récent (même si le don, le prêt, ou le troc, eux, ne le sont pas) et de vous raconter l’histoire d’une innovation qui a conduit à une autre et… à pleins d’autres. Vous me suivez ?  

Avant le financement participatif, déjà le financement participatif

Le don n’est pas une émanation des années 2000 et fort heureusement la générosité n’a pas attendu l’ère du numérique. En faisant le tour des sites (voir notes en fin d’articles), on s’aperçoit que l’idée du financement participatif est bel et bien vieille ! C’est son application en version digitale qui a permis son expansion. Mais il s’appuie sur le principe du mécénat à grande ampleur. Plusieurs exemples, peuvent être cités comme en 1875, la Statue de la Liberté financée par 100 000 souscripteurs français. Dans la ville où j’habite, à Arles, en 1919 et à l’occasion d’une grande fête populaire dans les arènes, 70 000 francs ont été récoltés au bénéfice du village Herpy dans les Ardennes qui avait subi de plein fouet la Grande guerre. C’était déjà du financement participatif à grande échelle.

Une… Des innovations !

Pour en venir aux origines du crowdfunding, tel qu’on l’entend aujourd’hui, il faut arriver à deux innovations clés, et prendre en compte bien sûr Internet ! La première, c’est la naissance de sites de microcrédits qui permet à des internautes de prêter de l’argent à des institutions dans des pays en développement, comme Kiva par exemple. Nous sommes en 2005. La seconde, c’est la volonté d’artistes indépendants de se faire connaître en dehors des circuits traditionnels de l’industrie musicale, souvenez-vous de MySpace ! Il y a déjà là deux ruptures de schémas habituels qui conduisent à une troisième : demander à des communautés de fans de financer le projet d’albums, de concerts, de lives de leurs artistes préférés. C’est ainsi que naissent KissKissBankBank ou MyMajorCompany. Et que sont produits les premiers EP’s d’artistes comme Feu Chatterton ! ou pour les chrétiens, Matt Marvane. Et puis, petit à petit, ce vent de liberté et d’indépendance a eu un effet boule de neige. Musical, le financement participatif est devenu écologique, social, entrepreneurial… même politique !

Une innovation à la rescousse de la crise

En 2008, avec la crise financière, les marchés considèrent plus risqués de prêter aux start-ups, TPE et PME. L’une des solutions de ces petites entreprises pour bénéficier de liquidités a été aussi de se tourner vers un autre type de financement et de faire appel à une participation et un investissement autre que celui des banques. Une voie disruptive et gagnante pour ensuite demander un prêt, lancer son projet, créer son entreprise. Aujourd’hui, plusieurs types de financements participatifs existent : le don en échange de certaines contreparties (crowdfunding), l’investissement participatif (crowdequity), le prêt participatif (crowdlending)… Si vous êtes entrepreneur, n’hésitez pas à vous renseigner sur la question.

Moi de mon côté, si j’ai souhaité revenir sur cette histoire, c’est parce qu’elle me montre qu’à tout modèle (ici de financement) préétabli qui se heurtent parfois à des rigidités, se trouvent des voies alternatives. Certaines plus généreuses, plus humaines et plus concrètes que d’autres. A nous aussi de les utiliser… et de les défricher pour les faire exister.

Isabelle

Sources :

Les Echos, « A l’origine du financement participatif, il y avait la musique » : https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/a-lorigine-du-financement-participatif-il-y-avait-la-musique-1031485#:~:text=%20A%20l%27origine%20du%20financement%20participatif%2C%20il%20y,Bien%20que%20pionni%C3%A8res%20dans%20le%20secteur%2C…%20More%20

Créer sa startup : pourquoi se tourner vers le financement participatif : https://blog.kisskissbankbank.com/actualites/startup-financement-participatif/

Sowefund, Histoire du crowdfunding, enjeux et actualités du secteur : https://sowefund.com/guide-crowdfunding/histoire-crowdfunding-enjeux-actualites-du-secteur#:~:text=L’origine%20du%20crowdfunding&text=En%201875%20d%C3%A9j%C3%A0%2C%20la%20Statue,monuments%20financ%C3%A9s%20par%20souscription%20publique.&text=La%20premi%C3%A8re%20plateforme%20de%20financement,artistiques%20aupr%C3%A8s%20de%20leur%20public.

Le guide du crowdfundind, Histoire – les origines : https://www.leguideducrowdfunding.com/financement-participatif-le-crowdfunding-fondamentaux-definition/a-savoir-mode-d-emploi-conseils-pratiques-gratuit-crowdfunding/histoire-les-origines/

Ville d’Arles, « Il y a cent ans, une commune des Ardennes devenait arlésienne » : https://kiosque.arles.fr/static/files/4_pages_conseil_des_sages_2016_2_FAB_web.pdf