C’est par un rêve que tout a commencé. David Togni, le créateur de la marque «Love your neighbour » décrit une électrisante nuit  où il se voit en train de concevoir des vêtements et d’en distribuer aux plus démunis. C’était en 2013. Du jour au lendemain, il achète 400 t-shirt blancs, fait imprimer la phrase « Love your neighbour » (Aime ton voisin) avec l’objectif dit-il de « porter ce message dans le monde ». En sept ans, ce qui est devenue une entreprise a grandi, avec l’ouverture d’un magasin et le recrutement de salariés, comptant aussi sur un réseau de bénévoles. Ce label de mode social suisse se fonde sur le principe : « Nous avons deux mains : l’une pour nous aider nous-mêmes, l’autre pour aider les autres. »

Tout semble avoir très bien marché pour vous. Mais est-ce qu’il y a eu des moments de difficultés et comment les avez-vous surmontés ?

Oui, dans la genèse du projet, j’ai vraiment été soumis à de l’hostilité répétée. Si j’ai réussi à m’accrocher, c’est parce que le « pourquoi ? » qui m’animait était plus grand que chacune des voix individuelles auxquelles j’ai été confronté.

Comment faîtes-vous dans votre entreprise pour que « Love your neighbour » ne soit pas que le nom d’une marque ?

Chez nous, nous vivons avec le principe « Un + Un : Achetez un, nous donnons un ». Cela signifie que nous doublons les produits que nous vendons et nous les donnons à des personnes à travers le monde qui en ont besoin. En 2017, nous avons créé la LYN Fondation avec laquelle nous participons aussi à des projets d’investissement dans les domaines de l’éducation et des infrastructures. Nous essayons aussi d’inspirer et de créer l’émulation chez d’autres personnes à travers les réseaux sociaux dans le but de faire une différence, chacun dans son propre environnement, et de se lever pour l’amour contre la haine.

Décrivez-nous le type de relations que vous entretenez dans ce sens avec vos fournisseurs. 

Nous avons visité la plupart de nos fournisseurs pour voir de nos yeux les conditions de travail sur le terrain. Au-delà de ça, nos fournisseurs ont tous des certifications de travail équitable et de production durable.

L’année 2020 a été particulière. Comment s’est-elle déroulée de votre côté ?

Pendant un moment, nous avons dû fermer notre magasin à Winterthur en Suisse, ce qui n’a pas été une période très facile pour nous. Nous avons vraiment dû changer nos plans et faire preuve d’innovation. Et puis, pour la seconde fois, nous avons remis à plus tard la fête que nous devions célébrer nos 7 ans.

Aimer son prochain en période de Covid, est-ce simple ? Que diriez-vous à ce sujet à un entrepreneur ?

Je pense qu’il est utile et digne d’intérêt d’examiner sa propre culture d’entreprise. Comment je réagis avec mes employés, mes partenaires, mes fournisseurs et quels sont les changements que j’ai envie de voir ? En tant qu’entrepreneur, on peut aussi se poser la question d’aider d’autres sociétés durant cette période, c’est-à-dire, en achetant de la nourriture et des boissons localement, en achetant des cadeaux aux employés dans des petites boutiques plutôt que des grandes chaînes de magasins, ce qui pourraient les aider à passer cette crise.

Enfin, quel serait le conseil que vous donneriez à une personne qui hésite à lancer son entreprise ?

Tout nouveau business devrait être bâti sur un très solide « Pourquoi ? ». C’est d’abord des racines fortes et saines qui doivent être créées avant de penser à la croissance. L’entreprise doit être construite sur des bonnes valeurs et l’entrepreneur ne devrait pas être motivé uniquement par l’argent.

Plus d’infos : https://fr.loveyourneighbour.ch/pages/vision